En Grèce, le mouvement social continue.

30 12 2008

Kalamariá : Mardi 30 Décembre se tiendra une manifestation contre la répression étatique.

tract10 Athènes : Une manifestation a réuni environ 150 personnes devant le centre commercial The Mall. Les gens ont parcouru le centre commercial en criant des slogans et en distribuant des tracts aux gens. Un très beau texte a été lu dans les hauts-parleurs de la galerie marchande. Le pamphlet finissait ainsi : “Contre la misère, restent toujours la résistance et la poursuite de la rébellion. Des centaines d’inculpés et des dizaines d’embastillés nous supplient de continuer notre lutte« . Il y avait également des pancartes : “Tais-toi et Consomme”, “Lui travaille, vote et se tait”, “La conscience naît dans les barricades. Réveille-toi”.

L’arbre du Noël a été dignement orné de P.Q. tandis que son armature a pu servir à quelque chose : on a tué le temps avec un mini match de football…

Mardi passé, deux personnes ont attaqué une collègue syndicaliste. La camarade est à l’hôpital dans le coma. Ils l’ont attaquée en utilisant du vitriol. L’attaque est liée à l’action syndicale de la collègue, puisqu’elle avait par le passé reçu moultes menaces de la part du bienveillant patronat.

Ce matin, environ 500 personnes ont manifesté au centre d’Athènes et se sont ensuite dirigées vers l’hôpital d’Evangelismós où est la collègue. Cette nuit un concert sera organisé au Centre Culturel (occupé) du quartier Néa Filadélfia : les bénéfices iront à la collègue qui est dans un état critique.

Serres : Mardi 30 Décembre se tiendra une assemblée convoquée par des étudiants et des professeurs.

tract27 Ptolemaída : Ce matin a eu lieu un rassemblement d’une soixantaine de personnes sur la place centrale de la ville. Tout de suite les participants ont manifesté en passant par le commissariat de la ville et la mairie dont ils ont peint la façade de l’immeuble !

Lárisa : Ce matin, un groupe de 50 personnes s’est rassemblé devant le commerce du président de l’“Association des Commerces de la Ville” en criant des slogans vengeurs et en collant des affiches sur la façade de son magasin. Dans la ville de Lárisa, les seuls dégâts apparents concernent des banques et des voitures de police. Cependant, le Tzíkas (le président de l’Association) terrorisait les propriétaires en leur disant que les anarchistes viendraient leur casser leurs commerces. Lui aussi a aussi collaboré avec la ville et a attaqué une camarade dans une manifestation. En ce moment a lieu une manifestation dans la ville.

Ksánzi : Ce matin, un groupe d’étudiants et de travailleurs a occupé pendant 1/2 heure une station de radio, pour dire la vérité sur les événements qui ont suivi l’assassinat d’Alexandros.

Kzánzi : Un rassemblement et une manifestation sont prévus le 31 Décembre à 13H. Samedi 3 Janvier se tiendra une assemblée populaire au Centre Ouvrier de la ville pour statuer quant à la poursuite de la lutte.

tract25Quartier d’Áyios Dimítrios : Ce matin a été réalisé un tractage sur l’attaque de la syndicaliste. Cette après-midi une assemblée populaire a eu lieu dans le théâtre Melína Merkúri. La collecte d’argent pour les inculpés se poursuit. La prochaine assemblé de la Mairie occupée est prévue pour jeudi 8 janvier 2009 à 18H dans ce même théâtre Melína Merkúri.

Náfplio : tous les jours se tiennent des assemblées d’étudiants,. 5 assemblées populaires ont eu lieu, et une station de radio a été occupée dans la ville d’Árgos. Ce matin, ils ont occupé la Mairie de la ville de Náfplio en exigeant la liberté pour tous les détenus. Des tracts ont été distribués autour de la Mairie et cette après-midi une nouvelle assemblée populaire a eu lieu.

Árta : Pour le 30 Décembre, “l’Initiative de Solidarité avec la Lutte Sociale” de la ville a appelé à une manifestation à 18H.

Thessalonique : Une bombe a explosé tôt ce matin dans le bureau du parti Nouvelle Démocratie dans le quartier d’Áno Póli. Provocation gouvernementale ? Car ici, cela fait un moment que plus personne n’a quoi que ce soit à foutre des « partis » ou des « organisations« …

Ce 9 janvier 2009 sont prévues des manifestations à travers toute la Grèce contre la privatisation de l’enseignement, et ce 8 janvier dans tous les départements. On s’attend à une vague d’occupations plus fortes et plus massives…

MERRY CRISIS AND HAPPY NEW FEAR !!!

SOURCE : GRECIA LIBERTARIA BLOGSPOT.
Un grand merci à FUTUR ROUGE pour la traduction.

tract29

Calendrier d’actions prévues ce 30/12/2008 (en grec)En français

Calendrier d’actions prévues ce 29/12/2008 (en grec)En français





Lettre ouverte des travailleurs d’Athènes à ses étudiants

29 12 2008

Emeutiers contre flics porcs assassins

Lettre ouverte du 16 décembre 2008 des travailleurs d’Athènes à ses étudiants, dans le contexte des bouleversements sociaux qui ont suivi l’assassinat policier d’un jeune.

Notre différence d’âge et l’indifférence générale rendent difficile la discussion dans la rue; c’est pourquoi nous vous envoyons cette lettre.

La plupart d’entre nous ne sommes pas encore devenus chauves ou bedonnants. Nous avons fait partie du mouvement de 1990-1991 dont vous avez dû entendre parler. Tandis que nous occupions nos écoles depuis 30/35 jours, les fascistes tuèrent un enseignant parce qu’il avait outrepassé son rôle (qui était d’être notre gardien) et qu’il nous avait rejoint dans notre combat, passant  de l’autre côté. Alors beaucoup d’entre nous rejoignirent la rue et ses émeutes. Bien que nous chantions à l’époque “Brûlons les commissariats !”, nous n’envisagions même pas ce que vous faites si facilement aujourd’hui, à savoir les attaquer.

Ainsi vous nous avez dépassés, comme il arrive toujours au cours de l’histoire. Bien sûr, les conditions sont différentes. Dans les années 90, ils nous firent miroiter des perspectives de « succès personnel » et quelques-uns parmi nous eurent la bêtise d’y croire. Mais aujourd’hui, qui peut croire ces sinistres contes de fées ? A l’instar du mouvement étudiant 2006/2007; vous leur redégueulez en pleine face leurs mensonges.

Ce n’est qu’un début.

Mais maintenant les bonnes mais difficiles questions se posent.

Nous allons vous dire ce que nous avons appris de nos luttes et de nos défaites (parce qu’aussi longtemps que ce monde ne sera pas le nôtre, nous serons toujours les vaincus) et vous pourrez vous servir comme vous le souhaitez de ces enseignements :

tract22 Ne restez pas seuls; faites appel à nous ; contactez autant de personnes que possible. Nous ne savons pas comment, mais vous y arriverez certainement. Vous avez déjà occupé vos écoles et vous nous dites que la raison la plus importante est que vous n’aimez pas vos écoles. Très bien. Maintenant que vous les occupez, changez leur rôle. Occupez ces bâtiments avec d’autres. Faites que vos écoles soient les premiers lieux à accueillir des relations nouvelles.. De la même façon que vous n’avez pas peur d’attaquer leurs commissariats parce que vous êtes ensemble, n’ayez pas peur de nous appeler pour que nous changions nos vies tous ensemble : leur arme la plus puissante est de nous diviser.

N’écoutez aucune organisation politique (qu’elle soit anarchiste ou autre). Faites ce que vous pensez nécessaire. Faites confiance aux gens, pas aux idées et aux schémas abstraits. Ayez confiance en vos relations directes avec les gens. Ne les écoutez pas quand ils vous disent que votre combat n’a pas de contenu politique et qu’il devrait en avoir un. Votre combat est son contenu. Vous n’avez que ça et il ne tient qu’à vous de conserver cette avance. C’est seulement par ce biais que vous pouvez changer votre vie, à savoir vous-même et les relations avec vos camarades.

tract23 N’ayez pas peur de la nouveauté. Chacun de nous en vieillissant a des idées gravées dans le cerveau. Vous aussi, bien que vous soyez jeunes. N’oubliez pas cela. En 1991, nous avions senti l’odeur du nouveau monde et l’avions trouvé nauséabonde : on nous apprenait qu’il y a des limites à ne pas dépasser, que les destructions d’infrastructures ou les vols dans les supermarchés ne seraient pas tolérés… Or, nous avons produit tout cela, donc c’est à nous. De même que nous dans le passé, vous avez été élevés pour produire des choses qui ensuite ne vous appartiennent plus. Reprenons tout cela et partageons-le dans l’amitié et l’amour.

Nous nous excusons d’avoir écrit cette lettre un peu rapidement, mais nous l’avons écrite sur notre temps de travail à l’insu de notre patron. Nous sommes prisonniers du travail comme vous l’êtes de l’école…

Nous allons maintenant mentir à notre patron et quitter notre boulot de merde sous un faux prétexte, pour vous rejoindre à Syntagma, les pierres à la main.

Des salariés.

ORIGINAL : http://www.indymedia.org/en/2008/12/918038.shtml

burnt-cop-hummer





Désobéissance Electronique Internationale

29 12 2008

rue
Les habitants d’Exarchia (Athènes) ont renommé la rue Messolongiou (où Alex a été abattu) en rue Alexis Grigoropoulos.

R.I.P. Alexis Grigoropoulos
25.6.1993-6.12.2008
____________________________
Hackers Against Oppression have called for Electronic Civil Disobedience in Solidarity with Greek Anarchists on Wednesday Dec 31, the final day of December. December is the month in which Alexandros Grigoropoulos, a 15-year-old Anarchist, was murdered in cold blood by Greek Police. It is also the month that will forever be remembered by all those who struggle. Minutes after his murder, thousands of Greek residents took to the streets as did thousands around the world. Even liberal groups have called for the resignation of the Greek government. The streets were taken back for the people, police buildings were firebombed, and banks were turned into empty charred-out boxes. This entire time, the Greek government has been fighting and oppressing people with guns, tear gas, and the media. It’s time that we take them down.

We will be attacking the websites of the Greek Police and the Prime Minister. They are directly responsible and we will directly respond. They will no longer be able to spread their lies to the media about what is going on in the streets. You can either load the file on the day of the action or download it ahead of time. We suggest downloading it ahead of time in the event that our site get shut down.

Please download the file you will need from one of the following mirrors we have set up. When the time comes, open it in your web browser ( ie Firefox, Safari, Internet Explorer) and help us take them down! This action is part of a series of actions that will unfold over the next few weeks, targeting those who participate in and benefit from oppression.

tract28 http://FileHost.JustFreeSpace.Com/601test.html
http://www.filefactory.com/file/a0081df/n/test_html
http://w19.easy-share.com/1903035989.html
http://www.usaupload.net/d/emm2u0uz3j1
http://freefilehosting.net/download/43d0h
http://rapidshare.de/files/41232831/test.html

To view our site and start ECDing NOW or to download the file:
http://www.stormpages.com/greeksolidarity/test.html

You can also just open http://www.primeminister.gr and http://www.astynomia.gr in your browser and keep refreshing them. There are plenty of add-ons for Firefox that will do this. Just go to Tools>Add-ons and search for it. This will be a useful tool in further actions.

To a thousand more Decembers of resistance!
From http://www.anarchistnews.org/?q=node/5860

policeviolence





Le siège de la « RATP athénienne » occupé

27 12 2008

Quand ils attaquent l’une d’entre nous, c’est nous tous qu’ils attaquent !

Aujourd’hui, 27 décembre, nous occupons les bureaux centraux de ISAP (RATP d’Athènes) comme une première réponse à l’attaque meurtière au vitriol sur le visage de Constantina Kouneva le 23 décembre, quand elle revenait du travail. Constantina est aux soins intensifs à l’hôpital d’Evangelismos avec des problèmes respiratoires et des problèmes de vue

Qui est-elle et pourquoi l’a-t-on attaquée ?

Constantina est une des centaines de travailleuses immigrées qui travaillent dans le ménage pour une entreprise privée, coopérant avec la société de transport public. Secrétaire générale du syndicat Panattica (de tout le département de la capitale) de nettoyeurs et femmes de chambre, très engagée et connue des patrons pour cela. La semaine dernière elle s’est disputee avec la compagnie (Oikomet) revendiquant toute la prime de Noël pour elle et ses collègues, en dénonçant les actes illégaux des patrons. Avant cela, sa mère a été virée par la même compagnie. Elle-même a été déplacée loin de son premier poste de travail, alors qu’une rencontre, après ses accusations, devrait se faire avec ses patrons et la Commission du Travail le 5 janvier 2009. Ce sont des pratiques tres répandues dans le secteur des compagnies de nettoyage qui embauchent des travailleurs précaires.

tract8Les contrats en retard, les salaires jamais payés, les heures supplémentaires non payées, la différence entre ce que les travailleurs signent et ce qui se passe vraiment, le choix d’embaucher presque exclusivement des immigré(e)s, qui ont peur de perdre la carte de séjour, l’argent qui n’est pas déclaré à la sécurité sociale, et ceci toujours sous la protection du secteur public et de ses membres corrompus, qui connaissent la situation et renforcent ces conditions d’esclavage moderne… ce sont les règles dans ce domaine.

C’est spécialement le cas d’Oikomet, une compagnie de nettoyage qui embauche des travailleurs précaires partout en Grèce, et propriété de Nikitas Ikonomakis (membre du PASOK, le parti socialiste grec) qui emploie officiellement 800 travailleurs (les travailleurs parlent du double, tandis que les trois dernières années plus de 3000 y ont travaillé), où le comportement mafieux illégal des patrons est un phénomène quotidien. Par exemple, les travailleurs y sont obligés de signer des contrats blancs (les conditions sont écrites par les patrons ultérieurement) qu’ils n’ont jamais l’occasion de revoir. Ils travaillent 6 heures et ne sont payés que pour 4,5 (salaire brut) pour ne pas dépasser les 30 heures (si non ils devaient être inscrits dans la catégorie de travailleurs à haut risque). Les patrons les terrorisent, les déplacent, les licencient et les menacent avec des démissions forcées (une travailleuse a été retenue de force dans un bureau de la compagnie pendant 4 heures jusqu’à ce qu’elle signe sa démission). Le patron crée lui-même un syndicat afin de manipuler les travailleurs tandis qu’il licencie et embauche à sa guise sans permettre la communication et l’action collective entre les travailleurs.

tract6

Quelle est la relation entre Oikomet et ISAP ?

Oikomet a le monopole du nettoyage chez ISAP (comme dans d’autres services publics) car elle «offre le paquet le moins cher avec les conditions d’exploitation et de dévalorisation du travail les plus élevées». Tel sont les termes «d’offre et de demande» mis en place par les services publics, auquel ISAP participe. ISAP est complice du maintien de ce statut d’exploitation sauvage malgré les dénonciations continues de la part des travailleurs. L’attaque meurtrière contre notre collègue a un caractère de vengeance et de punition exemplaire.

poupee La cible n’était pas choisie au hasard : femme, immigrée, syndicaliste active, mère d’un adolescent ; la plus vulnérable aux yeux des patrons. La manière n’était pas choisie au hasard : elle relève des pratiques d’autrefois et a pour objectif de stigmatiser, de terroriser et de montrer ce qui les attend. Le moment n’était pas choisi au hasard : à l’heure où les médias, les partis, l’Église, les entrepreneurs et les chefs des syndicats essayent de décrédibiliser le mouvement d’explosion sociale, où l’assassinat de sang-froid se camoufle en un ricochet de la balle du flic porc assassin, l’attaque contre Constantina passe inaperçue. L’attaque meurtrière des patrons a été minutieusement préparée.

Constantina est une d’entre nous. La lutte pour la DIGNITÉ et la SOLIDARITÉ est NOTRE lutte.

L’attaque contre Constantina a marqué notre mémoire des rafles racistes, des camps de concentration, des attaques paramilitaires, des accidents du travail, des assassinats de l’État, des conditions de travail esclavagistes, des inculpations, des licenciements jusqu’au terrorisme — montrant le long chemin de la lutte sociale et de la lutte de classes. Notre cœur est rempli de douleur et de rage. On va seulement dire :

Les assassins vont payer !

Le terrorisme patronal ne passera pas !

Assemblée de solidarité à Constantina Kouneva

ORIGINAL : http://katalipsihsap.wordpress.com/
Un grand merci au JURA LIBERTAIRE pour la traduction.

RIB du comité de soutien à Constantina Kouneva :
Piraeus Bank 5012 019021 277
IBAN: GR28 0172 0120 0050 1201 9021 277





Joyeuse Crise et Bonne Anxiété !

26 12 2008

MerryCrisis

Nous luttons contre la « normalité » (c’est-à-dire, leur normalité; la normalité de l’exploitation capitaliste, la misère, la répression et la mort). C’est ce que nous faisons, ce que nous avons toujours fait mais, au cours des ces derniers jours, c’est quelque chose qui est plus clair que jamais (« parfois, le gaz lacrymogène nous aide à voir les choses plus clairement« ). Nous étions tellement nombreux et nombreuses que la normalité devait affronter une nouvelle peur: qu’elle cesse d’être la normalité. C’est là que la normalité a paniqué et s’est servie de « l’exception » comme moyen de défense. On nous présente un assassinat de sang froid comme une « exception » ou même un « malentendu » (il s’agit là du terme plein de délicatesse de l’avocat du flic porc assassin). Mais la rage du peuple n’a qu’augmenté face à ces mensonges. C’est alors qu’ils ont entamé des « mesures exceptionnelles ». Des milliers de meurtriers et de tortionnaires (appelés aussi flics grecs) ont envahi les rues parallèlement aux menaces d’une intervention de l’armée et de la suspension du droit d’asile académique. Et pourtant ça ne sera pas aussi simple que ça pour eux, pas cette fois ci. Car nous sommes une clique de frénétiques et de désespérés, composée de tous ceux et celles qui cherchent à briser les limites et les catégories que la normalité leur impose.  »
tract5La première pierre est pour Alexandros, le reste c’est pour nous« . La situation devenait bien trop sérieuse, bien trop hors de contrôle. On nous présente donc une autre exception: ces journées sont spéciales, elles sont « sacrées », ils nous demandent la paix sociale, la consommation et une trêve. C’est bien vrai que nous avons des choses à célébrer mais ce ne sont pas les restes d’une fête païenne obscure mais plutôt le soulèvement magnifique, ce soulèvement qui les inquiète (et pour de très bonnes raisons). Que la normalité s’écroule sous sa propre crise et nous nous engageons à lui fournir des motifs de crainte supplémentaires.





Attaques contre 2 véhicules (ministre & police) et 1 banque

26 12 2008

A Ioannina, ville du nord-ouest de la Grèce, une voiture de fonction utilisée par le secrétaire d’Etat au ministère de l’Environnement Stavros Kaloyannis a été incendiée tôt vendredi matin. Le véhicule était garé devant son domicile.

Vendredi matin également des inconnus ont lancé un cocktail Molotov contre une agence de la Banque Agricole Grecque à Psychiko, dans la banlieue nord d’Athènes, provoquant des dégâts mineurs.

Par ailleurs, un groupe de jeunes a saccagé vendredi soir un véhicule de la police dans le quartier de Kolonaki, près du centre d’Athènes, sans faire de blessés. L’attaque a eu lieu au moment où le véhicule passait devant un hôpital, où 150 personnes s’étaient rassemblées (photo ci-dessous) pour exprimer leur soutien à une syndicaliste agressée par des inconnus et hospitalisée il y a trois jours. Les policiers ont pris la fuite.


hopital


police


SOURCE : BRÈVES DU DÉSORDRE

Calendrier d’actions prévues ce 26/12/2008 (en grec)En français

Calendrier d’actions prévues ce 24/12/2008 (en grec)En français





Annonce du Comité d’Occupation de Polytechnique (24.12.08)

25 12 2008

L’Occupation de l’École Polytechnique a pris fin à minuit le 24 Décembre – La lutte continue …

Immédiatement après le meurtre d’Alexandre Grigoropoulos par le garde de la police spéciale Korkoneas et les premiers affrontements dans les rues d’ Exarchia, l’Université Polytechnique a été occupée et transformée en un foyer d’expression de la colère sociale. Lieu historiquement et symboliquement attaché aux révoltes contre l’autorité, de la période de la dictature jusqu’à celle de la démocratie totalitaire moderne, l’école Polytechnique est devenue un espace où des centaines de personnes se sont rassemblées spontanément: camarades, jeunes et travailleurs, chômeurs, lycéens, immigrés, étudiants …

grece0iw8

Les combats contre les forces de répression et les barricades enflammées dans les rues environnantes sont devenus l’étincelle d’une révolte qui se propage en manifestations spontanées dans la ville, en occupations de l’Université d’Economie et de la faculté de droit, et en attaques contre l’Etat capitaliste et ses intérêts dans le centre ville et les quartiers périphériques d’Athènes et de la plupart des villes à travers le pays. Les jours suivants, avec des manifestations de milliers de personnes se terminant en émeutes et en attaques contre des banques, des ministères et des grands magasins, avec occupations d’écoles et de bâtiments publics, avec des enfants de 13 ans assiégeant et attaquant des commissariats, la police anti-émeute appelée en renfort pour défendre la prison de Koridallos et le Parlement… La révolte s’est généralisée. Cette révolte a été déclenchée par le meurtre de A. Grigoropoulos et a explosé à travers la réaction immédiate de centaines de camarades contre l’extension de la violence de l’État, inspirant des actions de colère et de solidarité au-delà des frontières, partout dans le monde. Cette révolte a frémi dans le contexte d’une attaque généralisée par l’État et les patrons contre la société, avec une réalité quotidienne de suppression de toute liberté et de toute dignité pour un peuple opprimé par l’accroissement de l’exclusion, de la pauvreté, de l’exploitation, de la répression et du contrôle.
tract16 Cette révolte qui « mijotait » constamment, même dans les moments les plus sombres du terrorisme fasciste de l’État, par l’intermédiaire de tous les petits ou grands gestes de résistance contre la soumission et l’abandon, en donnant l’occasion à beaucoup plus de gens de se rencontrer dans les rues, tout comme cela s’est produit au cours de ces journées. Dans cette réalité sociale explosive, l’Ecole Polytechnique occupée est devenue un point de référence pour une confrontation directe avec l’État, dans toutes les formes et par tous les moyens possibles , par le biais de manifestations insurrectionnelles successives qui ont brulé l’ordre et la sécurité des patrons, ruinant l’image mensongère d’acquiescement social à leurs intentions meurtrières. Elle est devenue un endroit où les « marginaux » sociaux et politiques se rencontrent et s’influencent l’un l’autre, par des assemblées générales et par leur présence quotidienne dans l’occupation. Cela a fonctionné comme base pour la contre-information, par le biais de communiqués et d’affiches, du blog et de la station de radio, et avec le système de sonorisation envoyant des messages et des nouvelles de la révolte en cours. Cela a aussi donné vie à des initiatives politiques de résistance, comme l’appel lancé par l’Assemblée de l’Ecole polytechnique occupée pour une journée mondiale d’action le 20 Décembre (qui a entraîné des mobilisations coordonnées dans plus de 50 villes dans différents pays), et pour lequel les occupants ont participé en appelant à un rassemblement à l’endroit où A. Grigoropoulos a été assassiné, comme le concert de solidarité et d’aide financière pour les révoltés prisonniers qui s’est tenu le 22 décembre, et l’appel à la participation à la manifestation de solidarité aux prisonniers qui a été organisée par les camarades qui ont pris part à l’assemblée ouverte du siège de la GSEE occupé (Confédération générale des travailleurs).

En étant durant 18 jours le pivot « stable » de la révolte qui s’élargissait, l’Ecole Polytechnique occupée a été comme un appel continu d’insubordination à la population résistant dans le monde entier, et un signe de solidarité avec les otages pris par l’État dans cette lutte . Ce bâtiment est devenu un territoire que nous avons utilisé afin de diffuser le message de solidarité entre les opprimés, et d’auto-organisation et d’une contre-attaque sociale de classe contre le monde de l’Autorité, son fonctionnement et ses symboles. Ces éléments et les valeurs de la lutte ont créé le terrain pour les opprimés afin qu’ils se rebellent, armant notre conscience, et, pour la première fois peut-être, sont devenues si largement appropriés par tant de personnes de tous âges et de différentes nationalités; personnes avec lesquelles anarchistes et anti-autoritaires partagent les mêmes slogans contre la police, les mêmes mots, les mêmes pratiques de lutte, la même rage contre ceux qui pillent nos vies, et, à plusieurs reprises, la même vision d’un monde de liberté, d’égalité et de solidarité.

Pour cette raison, la répression ne s’est pas seulement exprimée sous la forme de brutalités policières, d’ arrestations et d’emprisonnement de manifestants, mais aussi avec une intense attaque idéologique lancée par toutes les parties du système politique qui a vu ses fondations trembler quand la répression, sur laquelle il est fondé , non seulement n’a pas été en mesure de freiner les vagues de révolte, mais, en a au contraire été la cause première. Cette attaque idéologique a ciblé principalement des anarchistes, comme part politique et non-médiatisée des révoltés, précisément à cause de l’impact de leurs paroles et de leurs actions , et en raison du danger qui se présente pour l’Etat quand ils communiquent et se coordonnent avec des milliers d’opprimés. Dans ce contexte, il y a eu un effort hystérique afin de diviser les révoltés en « bons élèves », d’une part, et «méchants anarchistes à cagoules (« koukouloforoi ») ou  » pillards immigrés « de l’autre, ainsi que le bon vieux mythe des « provocateurs », dans le but de manipuler la colère de l’assassinat, l’explosion sociale, l’ériger en infraction pénale, d’isoler et écraser la les «bastions », points de référence de cette révolte [Il s’agit là de la même rhétorique de répression qui a conduit à l’assassinat de’A. Grigoropoulos, par la distinction- de milieux politiques sociaux, d’ espaces et d’ individus désignés comme «l’ennemi intérieur» sur lequel la violence de l’État qui devrait être « légitimement » renforcée]. Dans cet effort fait par l’État, l’École Polytechnique a été chaque jour traînée dans la boue, via des déclarations d’hommes politiques et une campagne de diffamation par les médias de masse.
Après les heures d’affrontements dans Exarchia et autour de l’École Polytechnique au cours de la nuit du 20 décembre, l’État, à travers le procureur du ministère public, a menacé de procéder à une descente de police, après la suspension de l’asile universitaire dans le campus, malgré le désaccord des autorités universitaires, afin de réprimer la révolte en s’attaquant à l’un des premiers endroits où elle a débuté. Leurs intentions ont été rejetées en raison du refus des occupants d’obéir à l’ultimatum, de leur détermination à défendre ce territoire politique et social comme une partie de la révolte, de leur appel ouvert aux personnes à venir et soutenir l’occupation par leur présence et en participant à concert de solidarité aux prisonniers du 22 décembre qui a rassemblé des centaines de personnes à l’Ecole Polytechnique. Les menaces d’une expulsion immédiate se sont renforcées le lendemain, 23 décembre, quand, alors que l’Assemblée examinait la fin de l’occupation, nous avons été informés par les politiques et les universitaires que le ministère de l’Intérieur et la police exigeaient notre sortie immédiate du campus sinon les flics l’envahiraient. La réponse des occupants a été que l’École Polytechnique n’appartient ni au ministère ni à la police, mais au peuple de la lutte qui décidera quoi faire exclusivement sur des critères du mouvement et de n’acceptera ni chantage et ni ultimatums de la part d’assassins. De cette façon, l’occupation de l’École Polytechnique a été prolongée d’une journée, et a appelé à la manifestation qui se déroulait au cœur d’Athènes, en solidarité avec les personnes arrêtées. Pas de projet de répression et aucune attaque idéologique ne réussira à négocier le retour à la normalité et à imposer la pacification.

Plus rien n’est pareil désormais! Le dépassement de la peur, de l’isolement et des divisions sociales, a conduit des milliers de jeunes, de concert avec les femmes et les hommes de tout âge, les réfugiés et les migrants, les travailleurs et les chômeurs à s’unir dans les rues derrière des barricades et la lutte contre les tyrans de notre vie, notre dignité et notre liberté. Et cela est une réalité éclairant, à la lumière des flammes, l’avenir de la révolte, à la fois son intensification et l’approfondissement, jusqu’à la subversion absolue du monde des patrons. Parce que nous avons crié par tous les moyens que ces jours-là appartiennent à Alexis, à Michalis Kaltezas, à Carlo Giuliani, à Christoforos Marinos, à Michalis Prekas, à Koulouri, à Maria et à tous nos camarades abattus par les assassins en uniforme de l’état, ce ne sont pas des jours qui appartiennent à la mort, mais à la vie! À la vie qui fleurit dans les luttes, dans les barricades, dans la révolte qui se poursuit.

En mettant fin à l’occupation de l’Ecole Polytechnique après 18 jours, nous envoyons notre plus chaleureuse solidarité à toutes les personnes qui ont fait partie de cette révolte de différentes manières, non seulement en Grèce mais aussi dans de nombreux pays d’Europe, des Amériques, en Asie et en Océanie. Pour tous ceux que nous avons rencontré et avec qui nous allons rester, combattant pour la libération des prisonniers de cette révolte, mais aussi son prolongement jusqu’à la libération sociale mondiale. Pour un monde sans maîtres ni esclaves, sans police ni armées, sans frontières ni prisons.

* Mort à l’état – Vive l’anarchie!
* Libération immédiate de tous les arrêtés de la révolte!
* La lutte continue!

Nous vous appelons à rejoindre l’assemblée ouverte qui aura lieu à l’École Polytechnique, le samedi 27 décembre à 16H, concernant l’organisation de la solidarité aux emprisonnés, qui a été appelé par les camarades dans l’assemblée de la GSEE occupée.

Occupation de la Polytechnique – 24 décembre 2008
Egalement sur : INDYMEDIA ATHENES

Greece Police Shooting

Une église orthodoxe d’Athènes le 24 décembre 2008.