Nous sommes une image du futur

10 12 2008

(graffiti dans l’université occupée d’Economie d’Athènes)

…. face à une image très sombre du passé.

Des fascistes qui travaillent avec la police prennent d’assaut Patras – Ils
poignardent deux personnes dans Athènes; la police tirent 15 fois en l’air à Palaio
Faliro et une voiture en flammes est jeyée contre la station de police de
Zefyri, Athènes. Ceux-ci sont les évènements que je considère les plus
importants de la journée; il y en a tellement d’autres (plusieurs attaques
sur des stations de police, des dizaines de manifestants arrêtés à travers
le pays) – mais il est impossible de tout résumer ici.  Les évènements les
plus importants du jour sont à Patras.

Police tire au total 15 balles contre des jeunes, à juste quelques mètres
des funérailles d’Alexandros.

… et voici le sommaire des évènements du jour à Athènes. Le jour a
commencé avec les funérailles d’Alexandros au cimetière dans le quartier de
Palaio Faliro, au sud de la ville. Il y a eu énormément de monde présent. y
compris des anarchistes, lycéens, et jeunesse du coin. Le petit groupe qui a
pris d’assaut les rues du quartier aprês les funérailles consistaient
surtout de ces gens la, tout simplement furieux de la mort d’Alexandros. Ce
que l’image ci-dessus démontre est un policier la force ‘Z’ (Omada Zita,
force de police en moto) qu ont tiré au total 15 balles en l’air, ceci à
quelques centaines de mêtres de l’endroit où les funérailles avaient pris
place quelques heures plutôt.

Pendant ce temps, au centre ville, il y avait beaucoup de tension autour de
la place Syntagma, tandis que des étudiants affrontaient l’anti-émeute. Ce
n’est que plus tard dans la soirée que les zones d’émeutes se mettraient en
formation autour des deux universités occupées (NTUA et l’université
d’économie). J’aimerai brièvement décrire mon expérience personnelle de
cette nuit, pas parce qu’une histoire personnelle est importante en soit,
mais parce qu’elle aidera peut-être les gens exclus de ces émeutes à mieux
mettre en contexte ce qui se passe ici (je me considère aussi un étranger
dans ces manifestations).

Le sentiment de comfort et familiarité que j’avais en retrouvant mes amis
est maintenant en contraste intense avec le sentiment que j’ai aujourd’hui
en descendant dans la rue ce soir. C’était un sentiment bizarre que je
n’avais jamais ressenti avant à Athènes – le sentiment qu’il fallait une
raison très claire pour être dans la rue – Pour l’insurrection oiou contre –
mais clairement pour l’un ou l’autre. C’est comme être dans une
manifestation isolée ou il n’y a que police contre manifestants, sauf que
cette manifestation se trouve au centre d’une métropole bouillonnante ou
s’affrontent d’un côté les gens qui s’insurgent contre la mort d’Alexandros,
et de l’autre ceux qui ont causé la mort d’Alexandros. Pour naviguer
Eksarhia ces jours-ci il faut vraiment savoir zigzaguer les rues et les
bloquages pour éviter les anti-émeutes, la police secrète et bien sur les
fascistes.

J’arrivai à NTUA, ou 2000 personnes étaient assemblés. Un groupe incroyable
de punks, migrants, junkies et anarchistes allignés le long de l’avenue
Patision au porte de Polytechnique, dansant, buvant, et attendant l’arrivée
des anti-émeutes. Ce sont eux avec qui nous nous battons.

Mes instincts de zigzagueur bien que pauvre m’amenèrent ensuite à
l’université d’Economie, ou une assemblée de 400-500 personnes prennait
place, le sujet étant la présence anarchiste à la grêve générale de demain.
Il faudra attendre demain pour savoir ce qui s’est passé. Le plus choquant
par contre arriva quelques heures plus tard…

Les rapports disaient que des groupes de fascistes avaient commencé à faire
leur apparition aux alentours et en particulier autour du square Victoria.
Un homme (un migrant mais son ethnicité n’a pas été établie) et une femme
ont été poignardé cette nuit. Ceci arriva juste aprês que nous ayons entendu
les rapports depuis Patras. En combinant ces deux évènements, il est devenu
bien clair que l’état Grec ‘OFFICIEL’ et sa police ont atteint leurs limites
pour contrôler cette insurrection. A présent, les forces non-officielles
sont déployées: les fascistes. Leurs attaques parfaitement coordonnées à
Patras le démontrent clairement.

Il ne faut pas paniquer bien sur. Nous avons constamment de nouveaux alliés
et si nous jouons nos cartes proprement, les fascistes n’oseront pas
recommencer. Les attaques contre la station de police Zefyri le démontre:
Zefyri, en périphérie de la ville, est un des plus pauvres quartiers
d’Athènes, with une large population Romanichelle. A 22hr cette nuit, un
groupe de 600 ont assiégé la station de police, l’attaquant avec des
cocktails molotov pendant qu’une voiture en flamme visait l’immeuble (les
gardes ont cependant réussi à l’arréter).

Je crois qu’il est évident que cette situation est devenue très intense et
tout le monde ressent que nous avons atteint le point de rupture. La grève
générale de demain est cruciale. Les gens vont combattre 4 jours de fatigue,
les syndicats vendus qui créent des manifestations statiques  (pour empêcher
les manifestants d’être mobiles et donc mieux les controler), la police qui
tire à tout va, et maintenant les fascistes. La grêve sera loin d’être
facile, mais il n’y a pas d’autre moyen pour se débarasser des images
sombres du passé.
GREECE-VIOLENCE

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