La barricade et l’histoire

15 12 2008

fm68
Note du traducteur : La version grecque de ce texte a été distribuée pendant la première semaine de révolte, à l’Université des Sciences Économiques d’Athènes (et sûrement ailleurs). Il s’agit d’un texte extrêmement dense dont la traduction française s’appuie sur la version anglaise; le texte grec étant déjà relativement ardu, nous avons fait de notre mieux pour en conserver le sens, mais la réussite est extrêmement discutable.

La confrontation violente est d’abord et avant tout une confrontation à l’intérieur du niveau latent des usages et des significations qui sont assignés au temps et à l’espace. (phrase intraduisible 🙂 « It is the clash between the objective structure (the dog) with its knowledge and practice-based assignments of meaning (the dog’s tail), some assignments critiquing the conditions of objectification of these very structures “arming the tail with teeth so that it can bite the dog”. »

Chaque classe sociale essaie d’utiliser et de transformer l’espace de la ville pour son propre gain. Nous voyons de cette façon s’inscrire, dans une trajectoire elliptique, une tradition de l’opprimé : une tradition qui retient la barricade comme son expression matérielle visible. La barricade représente au niveau de l’espace ce qui existe déjà dans le social : la rupture avec l’idée que la ville est un unité pleine et égale. Une rupture avec la définition de la société en tant qu’union permanente d’égaux. Du point de vue de la souveraineté, c’est justement l’unité de l’espace qui garantie sa continuation dans le temps. L’apparition de la barricade révèle la division radicale de l’espace urbain. La division ne semble plus solide, fonctionnelle, sans issue – elle devient plutôt le composé principal de l’unité. Il apparaît que l’unité (nationale; une identité construite idéologiquement) est divisée. La rupture de la fabrique sociale vient confirmer l’observation théorique d’un processus de changement social. La théorie et la pratique de l’opprimé s’allient dans une cosmologie matériellement efficace. C’est sa pratique même qui accélère le rythme du temps historique et c’est sa théorie qui en conceptualise l’accélération.

La généalogie historique du processus contemporain de la gentrification des espace « démunis » peut être tracé depuis l’idée d’un « embellissement stratégique » des villes. Comme alors, la cible contemporaine est rencontrée dans sa dualité : 1) La prévention de révoltes possibles ou leur retenue loin des centres (mal traduit : « … or their effective dealing with the literal flattening of their epicenters ») 2) la production d’un espace sans propriétés; d’une ville sans mémoire.  » Capital, in its tight embracing of urban practice, turns towards this speculative field during periods of underdevelopment of other traditionally more profiteering fields of investment activity. As for the other side (that is, the side of the oppressed), its hereditary nature is reflected upon the urban geography of struggle. Topographies of clashes are soaked with historical memory; the past is a field of non-accomplished opportunities and capacities and our dead comrades are potentially vindicated in the historical future. »

L’idéologie dominante perçoit le modèle capitaliste comme indépassable, inné et éternel: la flèche de l’histoire est circulaire et dès lors le futur n’est que le recyclage du passé. Et comme le passé, en tant que somme des résultats, n’a rien d’autre à montrer que des éléments temporaires de liberté, nous pouvons facilement et clairement dire les choses – du point de vue d’une évolution inéquivoque vers le télos théologique du progrès. Une fin, en d’autres mots, dans le sens d’une conclusion et d’un but puisque ce qui est ciblé n’est pas ce qui devient mais plutôt ce qui est répété. Cette compréhension est une carotte métaphysique et nous sommes les mules qui tirent le carrosse des rois de l’histoire – nous sommes en même temps la 5ème roue du carrosse.

La mise en pratique de l’activité philosophique est quelque peu éclipsée par la définition pragmatique de la VÉRITÉ, c’est-à-dire la conception de la vérité en tant que résultat..

Dans notre tentative d’atteindre cette liberté utopique, nous constatons que la liberté est un concept que personne n’arrive à clairement définir , mais que tout un chacun comprend.

Solidairement et en tant que camarade, un salarié.

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