Pas de retour à la normale, ni à Polytechnique ni ailleurs !

21 12 2008

Affrontements devant Polytechnique Athènes

Déclaration de l’occupation de la Polytechnique d’Athènes qui vient tout juste d’être publiée

Depuis samedi le 20 décembre, suite aux échauffourées aux alentours de la Polytechnique d’Athènes (qui s’ajoutent aux dizaines de confrontations et de combats de rues qui ont fait rage entre les manifestants et la police depuis l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos, 15 ans), il y a beaucoup de spéculation sur le futur de l’occupation de la Polytechnique.

Des informations de sources diverses laissant entendre l’éventualité d’un raid policier sur la Polytechnique, de même que les manœuvres stratégiques des unités anti-émeutes durant les combats de rue nous donne une impression évidente : la police se prépare à attaquer l’occupation. Ayant contourné le sénat qui a transféré le contrôle de la Polytechnique à la police et au ministère de l’Intérieur, le procureur général nous envoie un message indirect mais très clair, accompagné de menaces et de chantage, comme quoi il ne nous reste que “quelques heures.”

Nous répondons qu’il nous reste autant de temps que le voudra la part révoltée de la société et que celle-ci ne connaît pas d’ultimatums; Qu’ils feraient mieux de respecter et de craindre toutes ceux et celles qui ont participé, qui participent et qui continueront de participer à cette révolte. C’est justement eux, les milliers de révoltés, les étudiants, les travailleurs et travailleuses, les sans-emploi, les immigrés et les camarades que nous invitons à se rassembler à la Polytechnique, en état d’alerte maximal avant l’arrivée de ce raid.

– Nous lançons un appel à tous afin d’assurer une présence massive sur le campus de la Polytechnique d’Athènes
– Nous appelons également à une assemblée publique aujourd’hui, dimanche le 21 décembre à 21h
– Nous appelons à la solidarité et au soutien monétaire pour les prisonniers et prisonnières de la révolte. 18H à la Polytechnique d’Athènes.

Nous aurons le dernier mot
Ces jours et ces nuits appartiennent à Alexis

21 décembre 08 – Comité d’Occupation de la Polytechnique d’ Athènes

TEXTE ORIGINAL : ICI (Indymedia Athènes)

Affrontement devant Polytechnique Athènes - 20 dec 2008

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2 responses

21 12 2008
Mountazer al-Zaïdi

n’est-ce pas prendre là, le risque de perdre plus qu’une infrastructure et un symbole, tout un collectif, tout une dynamique et un centre névralgique de la révolte ? Pourquoi ne pas vous décentraliser, vous avez tout à y gagner, car la dispersion favorise la lutte que vous devez engager sur un front asymétrique EN VOTRE FAVEUR !

Mais, peut-être, êtes vous assurés de vaincre, ou alors, misant tout sur un soutien massif, vous servez d’appat.

J’espère vraiment que vous êtes forts. Mais pensez encore que vous vous préparez à défendre pour vaincre, sans savoir jusqu’où irait votre contre offensive. C’est que vos objectifs offensifs sont vagues. Sinon, je crois, vous seriez déjà en train de fourbir de nouvelles armes

21 12 2008
Mountazer al-Zaïdi

vous trouverez ci dessous les raisons de mes interrogations.

COMPLICITÉ EUROMONDIALE ?

Du grec « euro » qui peut signifier « moisissure », et d’« eu-ropès », celle qui s’écoule bien, avec bonheur, largement.

Avec la prudence que justifient les distances et mon ignorance relative, avec la solennité et l’excitation inhérentes à la perspective d’un engagement décisif et d’une unité euromondiale pour le libre accès de tous au débat sur le monde, je pense que si l’on prend les choses du point de vue de « Question d’époque ? » [voir commentaires Note sur la solidarité], alors l’appel à la solidarité mondiale des rebelles grecques (13 décembre 2008) peut se comprendre comme le passage délibéré de la revendication « désarmez les policiers » à l’invitation « désarmons les policiers ». A cette fin, l’utilisation du taser pourrait se révéler d’une ironie cinglante envers l’hypocrisie et le cynisme policiers.

Nul n’ignore le conditionnement mental des policiers, comme celui des militaires. C’est pourquoi ces individus ne deviennent critiques, exceptionnellement, que lorsque leur carrière est terminée, mais le plus souvent lorsqu’elle est brisée. La vague de suicide et de désintégration psychique subit par les soldats américains en Irak signifie leur impossibilité à formuler et faire entendre leur mal être – leur critique en somme.

Cependant, décider de désarmer les forces de l’ordre, est, aussi bien, une occasion pour leurs éléments de retourner à l’anonymat d’où tout peut encore arriver. C’est, du moins, ce que nos modes d’action pour le dialogue, tels qu’envisagés par « Question d’époque ? », doivent envisager, provoquer et permettre.

Faut-il préciser qu’une telle provocation – la confiscation des armes peut même être agrémentée du dépouillement des uniformes et d’autres encouragements –, alors que nous accédons ainsi à la perception et à la maîtrise du contexte, est évidemment fondée, rendue crédible et enviable, par de vastes offensives, du genre de Work Out, qui mettent tout le monde d’accord et le vieux monde aux oubliettes.

Car, n’est-ce pas, ces propos valent surtout comme exemple des déclinaisons possibles outre Etat.
Que le moment soit à l’ironie, ou pas, il semble important de constater que la revendication de désarmer la police signifie aussi la soulager de son arme fondamentale qu’est la prison. Ainsi, la revendication de libération immédiate des prisonniers peut être fort naturellement et pertinemment intensifiée, et glisser, si besoin, si goût, de la revendication à l’invitation, de l’attente citoyenne à l’action directe. Il semble inconcevable, de toute façon, qu’elle soit jamais abandonnée, avant que tous soient libres.

En effet, quand je lis de telles choses, je me dis qu’une péripatéticie publique s’esquisse avec vigueur ; j’en souligne les courbes les plus lascives ; celles que pourraient remplir, incarner et formuler, le rapport des charges suscitant l’auto rééducation des policiers et la destruction des prisons : remplir comme la caresse remplie la main, incarner en individus et formuler en maux, la confiance au fond :

“The charges held against the arrestees are very severe and are not based on any evidence, just on the false testifies by the cops. One of the victims of this tactic was arrested after the demonstration yesterday in Athens. The 23 year old man was arrested and heavily beaten by the cops (he was carried to the hospital later) and he is now facing severe felony charges. This is one of the hundreds similar cases but the difference is that the man mentioned is doing his military (mandatory for every greek man). There are at least 3 eyewitnesses which are saying that he was just observing the fights and he was trying to get away from the chemicals that the cops threw when he was arrested and brutally beaten.” – IMC Athens, 19 12 08

L’énergie déployée, de façon inféconde en apparence, dans des affrontements symétriques contre les commissariats et les forces de l’ordre, trouverait un but à sa mesure en s’attaquant aux prisons. Mais dans l’élan, les témoignages – des victimes comme des passants non suspects – doivent être collectés, accablants, mis en perspective et se répandre comme une nuée de tavains. C’est un axe de mobilisation majeur, car la légitimité du mouvement se joue potentiellement dans cette direction (si tous les faits rapportés sont vrais et généralement crus !), et donc sa montée en puissance et sa propagation, comme son sex appeal. L’appel global aux parents de tous les individus de 15 ans y gagnerait une autre consistance (IMC Athens, 19 12 08) :

“I ask of you to disarm the police, to disarm the murderers in uniform.

I’m not asking you to save me but to stand in solidarity with me …”

Reste à procéder avec discernement, par ordre et pour la fantaisie.
Vive l’esprit ! Vive l’esprit qui surgit ! Vive l’esprit qui interprète !

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