ACTIONS DE SOLIDARITE EN FRANCE

15 01 2009

ΕΝΕΡΓΕΙΕΣ ΤΗΣ ΑΛΛΗΛΕΓΓΥΗΣ ΣΤΗ ΓΑΛΛΙΑ

Paris-Athenes

 

Dès aujourd’hui, collons des affiches (par exemple des textes trouvés sur ce site ou ailleurs). Dès aujourd’hui, taggons PARTOUT: “SOUTIEN AUX ÉMEUTIERS GRECS”.Montrons que nous, nous n’oublions pas nos frères et nos sœurs grecs.

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19 responses

22 12 2008
Infokiosk (Lausanne)

Salut,
On a fait une brochure avec des textes publiés sur votre site, plus une interview traduite. Si des personnes sont intéressées à la diffuser, il est possible de la télécharger:
http://squat.net/ea/infokiosk/editions/edtokup.html

23 12 2008
A

Quelques slogans lu / vus :

ΑΜΕΣΗ ΑΠΕΛΕΥΘΕΡΩΣΗ ΤΩΝ ΠΡΟΦΥΛΑΚΙΣΜΕΝΩΝ = LIBERATION IMMEDIATE DES PERSONNES ARRETEES

ΚΑΜΙΑ ΔΙΩΞΗ ΣΤΟΥΣ ΣΥΛΛΗΦΘΕΝΤΕΣ = RETRAIT DES PROCEDURES JUDICIAIRES

ΑΥΤΟΟΡΓΑΝΩΣΗ ΤΩΝ ΕΡΓΑΤΩΝ = AUTO ORGANISATION DES TRAVAILLEURS

ΓΕΝΙΚΗ ΑΠΕΡΓΙΑ = GREVE GENERALE

ΟΛΟΙ ΣΤΗΝ ΑΠΕΡΓΙΑ! = Tous en grève

ΟΛΟΙ ΣΤΟΥΣ ΔΡΟΜΟΥΣ! = Tous dans la rue !

(source : http://cnt-ait.info)

24 12 2008
lucien

Bonjour,

Le texte joint ci-dessous
commence à apparaître en affichage sauvage à Paris.
Il est libre d’utilisation, transformation, amélioration…
Nous comptons sur vous pour le diffuser, si vous estimez cela
nécessaire.
Cordialement,
Des Parisiens

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DES EVENEMENTS EN GRECE

Ces émeutes, à distance, ont déjà fait reculer le pouvoir français sur ses minables réformes lycéennes, et peut-être d’autres encore. Les émeutiers grecs nous montrent ainsi une voie qui avait été cherchée lors de la contestation du CPE et ces dernières semaines (occupations de lycées et d’autres bâtiments, blocage de voies de communication et quelques bagnoles cramées), ils font mieux et refusent le dialogue truqué avec l’Etat et ses sbires. Ce n’est que lorsqu’il parle tout seul qu’un ministre peut évoquer « un dialogue serein » (les mots du ministre de l’éducation nationale il y a quelques jours). Ici, comme en Grèce, la discussion ne peut commencer que par la contestation en actes des forces répressives. Leur existence est déjà une insulte.
La liberté fait ses premiers pas quand on n’a plus à trembler devant des flics, des vidéo-surveillants et le fichage généralisé. Les lois sont faites pour nous apeurer, nous décourager et plus généralement nous interdire de faire quoi que ce soit. En Grèce la peur et la résignation changent de camp
(« Aujourd’hui, le peuple est en colère contre tout, contre la mort d’Alexis, contre la police, contre le gouvernement, contre les réformes… et nous, nous sommes le bouclier. (…) Je me demande si je ne serais pas mieux dans mon village, où je pourrais reprendre l’élevage des moutons et vivre tranquille. Surtout, je n’aurais plus ce sentiment de honte qui me ronge », un policier grec dans le Figaro du lundi 22 décembre 2008) :

L’INSURRECTION CONTINUE. Si elle prend partout, on ne l’arrêtera jamais. C’est pourquoi nos médias maintiennent ces évènements historiques à l’arrière-plan ou inventent des spécificités grecques (jeunesse mal payée, corruption, réformes qui ne promettent que le pire mais c’est partout que les ordures nous gouvernent). Insistons sur quelques points : il ne s’agit pas d’une révolte d’une partie de la jeunesse mais bien de toute une population, de gens sans revendications ni représentants, mais dont nous partageons certainement les intentions (disparitions de tous ceux qui parlent pour nous : partis, syndicats, experts, journalistes, associations…) et les dégoûts (le salariat et le monde misérable qu’il produit, ses congés forcés, l’éducation obligatoire pour s’y insérer, et autres « aides » de l’Etat quand on s’en éloigne).
En cette période de crise, comme d’habitude, nos dirigeants nous présentent de nombreuses solutions parmi lesquelles ne figure pas celle de se passer d’eux. Ce sont les mêmes qui nous volent nos meilleures années et celles qui suivent ; ils continuent.
Saisissons chaque occasion de rappeler la lutte exemplaire qui se déroule en Grèce. Diffusez ce texte, trouvez-en d’autres (récits de première main, vidéos sur internet, etc.), écrivez-en de meilleurs, partout, sur les murs, les affiches. Rassemblons-nous dans toutes les manifestations possibles, restons mobilisés. Répandons cette étrange épidémie dont nous n’avons rien à craindre, nous qui devons toujours travailler pour un monde qui nous empoisonne.

FAISONS MIEUX.

En région parisienne, le mardi 23 décembre 2008.
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24 12 2008
Pierre

BONJOUR

Le texte ci-dessus est EXCELLENT !!!

Pour info, à Paris, il est TRES SIMPLE de coller des A4 PARTOUT :
gants en latex sur les mains, accroupi entre deux scooters, tu sors la feuille du sac, tu la plaques par terre, un Z au dos avec le tube de colle forte que tu remet tout de suite dans la poche de ta veste, tu fermes et remets ton sac à dos à nouveau sur le dos, tu te remets debout, la feuille peinard à la main, et tu la plaques sur l’objet à proximité duquel tu étais accroupi : COTES DE BOITE AUX LETTRES, COTES DE PARCMETRE, DEVANTURE DE CABINE TELEPHONIQUE, MUR BLANC ET ISOLE… Tu poses la feuille à plat sur le support, tu retiens le haut avec une de tes mains, tu « repasses » la feuille en appliquant une forte pression de l’AUTRE avant-bras de haut en bas sur la feuille : elle est plaquée, collée, le tour est joué.
Allez, les gars, on joue du photocopieur , de la colle forte, on prend ses gants en latex (pour ne pas laisser d’empreintes) et on va s’amuser dehors !!!
C’est sans risque et très efficace !!! Le créneau 19H/21H est bon (en ce qui me concerne et sur Paris)…
SOUTIEN AUX EMEUTIERS GRECS !!! (tag vu TRES SOUVENT à Paris…)

24 12 2008
ptireveur

Bonsoir, nous sommes de nombreux jeunes à suivre ce qui se passe en Grèce et a pousser à élargir un maximum nos revendications. Nous souhaitons un monde meilleur, il faut changer le système !!! Est il possible de prendre contact avec les groupes grecs ? merci de répondre à cette adresse –> fede.unl74@gmail.com

25 12 2008
Insurgé

Ici, comme en Grèce, la discussion ne peut commencer que par la contestation en actes des forces répressives.

La discussion commence par sortir dans la rue pour discuter avec ses voisins, pas a aller foutre sur la gueule des flics quand tu n’as pas le rapport de force …

Avant les emeutes il y a eu des MOIS d’agitation sociale en Grece … Ne se focaliser que sur une étape du processus insurecctionel, celle la plus spectaculaire, en niant toutes les phases préparatoires préalable, c’est rendre un sacré service a l’ennemi …

25 12 2008
Emeute

=> Insurgé
Tout à fait d’accord, c’est pourquoi la 1ère étape est d’en parler, de faire un maximum d’affichage sauvage pour que la discussion commence.
Pour l’instant, à Paris, la plupart des personnes ne savent même pas ce qu’il se passe en Grèce !!!

25 12 2008
Insurgé

Emeutes,

oui, je suis d’accord sur le fond et globalement sur la forme ! C’est pourquoi les initiatives sont bonnes (du moins il me semble) et je les soutien / participe comme je peux.

Par contre dire « á l’assault maintenant, sus aux flics », justement parce que « Pour l’instant, à Paris, la plupart des personnes ne savent même pas ce qu’il se passe en Grèce », ça me parait encore un peu présomptueux par rapport á nos forces et á celles de la population.

Les intermittents citaient une phrase de shaekspeare (je crois) « il ne faut pas qu’une petite impatience vienne ruiner un grand projet »

Mais bien sur, il faut dire, parler de ce fameux projet, et des moyens a développer 🙂

30 12 2008
affiche

Belles affiches de Nassos K., artiste grec qui vivant et travaillant à Athènes.

http://www.nassoskappa.com/?page_id=945

6 01 2009
laurentchaumette

A l’adresse des Peuples d’Israël et de Palestine

La fin de cette vengeance sans fin est entre vos mains !

Exigez d’abord de mille façons de vos représentants le cessez-le feu immédiat, l’arrêt complet des hostilités.

Choisissez par la base des délégués des deux côtés, renommés pour leur non-violence.

N’importe qui, pas des experts ou des dirigeants, juste des sages, des aimants.

Qu’ils se réunissent au milieu des ruines, le temps qu’il faudra, jusqu’à pouvoir venir annoncer à Jérusalem la paix équitable décidée à l’unanimité.

Peuples d’Israël et de Palestine, fraternisez pour la paix, pas une trêve entre deux guerres, vivre bien les uns à côté des autres, peut-être un jour les uns avec les autres.

Il n’y a pas d’autre solution, ou bien que quelqu’un la donne et qu’elle soit mise en œuvre, vite.

7 01 2009
Eleni

Cher Arno,

Nous avons réçu par forward le mail que t’as envoyé à des soeurs et frères en Grèce.

Nous sommes étudiantes et travailleurs d’origine grecque, vivant entre Athènes et Paris, désirant participer en et se montrer solidaires avec les mouvements sociaux dans les deux pays. Nos actions à Paris et nos liens avec les gens qui militent en France sont encore très récents et peu développés, il y a beaucoup de boulot à faire.

Pour le moment, nous sommes focalisés sur l’effort de transmettre en France l’info sur la révolte en Grèce, la convergence de points de vue différents étant toujours difficile.

Nous venons de mettre en ligne un blog de solidarité franco-grecophone où on essaie peu à peu, selon nos forces limitées, de passer l’info sur ce qui se passe en Grèce et en France, en traduisant entre autres des tracts publiés par les occupations en Grèce, des appels, etc :

http://protovouliaparis.wordpress.com/

C’est encore assez pauvre, mais on fait ce qu’on peut et peut-être tu trouveras des choses intéressantes à lire ou à retransmettre dans les temps qui viennent.

Nous avons listé entre autres ton blog (vraiment excellent) dans nos liens (rubrique à droite).

Nous venons aussi de publier tes photos de Champs-Elysées (si tu n’es pas d’accord, dis-nous et on va les enlever) : http://protovouliaparis.wordpress.com/2009/01/06/la-beaute-est-dans-la-rue/

Restons solidaires et en contact pour renforcer le mouvement partout !

Eleni


Initiative des étudiants et des travailleurs grecs à Paris
Protovoulia ellinon foititon kai ergazomenon sto Parisi
contact: protovoulia.paris@gmail.com

7 01 2009
emeutes

Rough translation of a posting on Athens indymedia, the day after a riot cop was shot in Eksarhia, Athens. The text below is important as it seems to reflect a sentiment shared with the majority of the people in the anarchist, and the wider antagonist social movement in the country: The greek state seems to be pulling out some of its oldest and dirtiest tricks in order to go, once again, on the offensive. Luckily, our movement does have one of the most valuable assets – collective memory. In the US they called it COINTELPRO, in Italy it was the strategy of tension, over here it is lonely gunmen shooting from (but really: shooting at) the very spaces we are trying to defend. We don’t forget, we don’t forgive, we won’t be intimidated…

http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=961885

sorry, we do not speak french… revolutionary greetings from athens greece!

7 01 2009
emeutes

Άγονοι μετάφραση του indymedia απόσπαση για την Αθήνα, την ημέρα μετά από μια εξέγερση ήταν αστυνομικός
πυροβολήθηκε στο Eksarhia, Αθήνα. Το κείμενο που ακολουθεί είναι σημαντική, καθώς φαίνεται να αντανακλούν μια
αίσθημα μοιράζεται με την πλειοψηφία των ανθρώπων σχετικά με την αναρχική και την ευρύτερη
ανταγωνιστή του κοινωνικού κινήματος στη χώρα: η ελληνική πολιτεία φαίνεται να φεύγουν
ορισμένα από τα παλαιότερα και dirtiest κόλπα για να προχωρήσουμε, για άλλη μια φορά, σχετικά με την
επιθετικού. Ευτυχώς, το κίνημά μας έχει ένα από τα πιο πολύτιμα στοιχεία ενεργητικού —
συλλογική μνήμη. Στις ΗΠΑ έχουν ονομάσει COINTELPRO, στην Ιταλία ήταν η
στρατηγική της έντασης, εδώ είναι μοναχική gunmen από τα γυρίσματα (αλλά στην πραγματικότητα:
γυρίσματα σε) το πολύ χώρους που προσπαθούμε να υπερασπιστούμε. Εμείς δεν ξεχνάμε, δεν
συγχωρήσουν, δεν θα εκφοβίζονται …

εδώ

Λυπούμαστε, αλλά δεν μιλούν αγγλικά … επαναστατικό χαιρετισμούς από την Αθήνα!

7 01 2009
CNT-AIT

Montauban samedi 10 janvier 2009 : Rassemblement de Solidarité

Ni la Crise ! Ni la Guerre !

Ce qu’il nous faut c’est

LA RÉVOLUTION SOCIALE !

Dans un contexte de crise économique mondiale qui remet complètement à l’ordre du jour la question de l’organisation humaine mondiale, quoi de mieux pour les États et le Capitalisme que de faire diversion en promouvant une flambée de haine, de xénophobie, d’intégrisme et d’antisémitisme par une guerre effroyable et spectaculaire au proche orient ?

Tous les États et le Capitalisme y trouvent leur compte :

– Diversion : on ne parle plus de la crise !

– Division : on génère et alimente des conflits communautaires et inter-populationnels !

– Renforcement des mythes fondateurs des États ! Patriotisme, pseudo-diplomatie, pseudo-sécurité civile, bla bla bla …

– Stimulation du business de l’armement, donc une reprise des marchés.

Pendant ce temps là le capitalisme espère pouvoir innocemment couler des jours heureux en continuant son carnage quotidien sur la population mondiale… Les laisserons-nous faire !?

Nous les précaires, les opprimés, les exploités de toutes les latitudes, les laisserons-nous faire ? Il n’y a pas de fatalité, l’avenir dépend vraiment de nous, de notre capacité à nous révolter et à nous organiser ! Nous ne comptons pas pour rien. En fait… tout dépend de nous !

Déjà la grèce :

En grèce, depuis déjà un mois, nombreux sont ceux qui ont fait le plus dur : ils ont dit « stop ! » et se sont insurgés. Ils se sont révoltés, insurgés, et ont commencé à s’organiser contre ce pouvoir capitaliste, contre l’État, contre tous les apparatchiks qui y collaborent : les partis politiques de tous bords, la presse, la magistrature, les syndicats. Il luttent depuis un mois contre ce pouvoir qui partout nous détruit.

Depuis la mort d’Alexandros, jeune lycéen de 15 ans assassiné par la police le 6 décembre 2008 dans une rue d’Athènes, partout en grèce la révolte et l’insurrection sociale s’organisent contre les responsables de cet assassinat : l’État et le Capitalisme ! Simultanément partout dans le monde s’organisent aussi de très nombreuses actions de solidarité ! car partout on subit les mêmes conditions d’exploitation et la même oppression.

Évidement les médias bourgeois ne parlent pas de ces évènements, sauf pour prétendre à grand renfort de leurs mensonges habituels que cette révolte et cette insurrection sociale sont l’œuvre « de violents irresponsables », de « casseurs », de « terroristes »… Les terroristes se sont eux ! Grâce à leurs mensonges et à leur lavage de cerveau omniprésent, ils permettent qu’on nous exploite, nous terrorise et nous tue chaque jour. Les collabos se sont eux, la voix de leurs maîtres, lorsqu’en guise de journalisme ils ne font que reproduire scrupuleusement en les diffusant les communiqués de la police. Les médias bourgeois composent le pouvoir, les médias bourgeois sont le pouvoir !

En grèce ceux qui s’insurgent se sont des vieux, des jeunes, des femmes, des hommes, des lycéens, des étudiants, des travailleurs avec ou sans papiers, des chômeurs, des précaires… Enfin bref justement tous ceux qui se savent broyés par ce système. ils veulent en finir et l’abattre. Des dizaines de milliers de personnes conscients de la misère, de l’injustice et de l’infamie qui sévissent en grèce et partout dans le monde veulent en finir avec ce terrorisme capitaliste mondial, ils veulent l’anéantir !

Ils en ont assez de trimer comme des sous-humains pour leur patron.

Ils en ont assez, malgré et à cause de ce labeur, d’avoir faim, d’avoir froid, de s’exténuer, de perdre le sommeil, de voir leur santé physique et morale se dégrader à grands pas.

Ils en ont assez, faute de temps ou simplement pour cause de fatigue, de ne pas pouvoir accompagner et vivre avec leur proches.

Ils en ont assez que leurs études ne débouchent que sur des boulots toujours plus précaires.

Ils en ont assez de ne pas profiter eux aussi de leur vie, alors qu’ ostensiblement à côté d’eux se goinfrent et se pavanent ces feignants d’actionnaires, de patrons et autres propriétaires rentiers, qui ne trouvent rien de mieux à faire que de s’afficher le plus vulgairement possible (on dirait un concours) dans la presse bourgeoise dite « people ».

Ils en ont assez du désespoir, généré par ce système fou et entretenu par ces médias bourgeois.

Ils en ont assez des syndicats, les fameux « partenaires sociaux », qui collaborent ouvertement et sans scrupules avec le patronat et avec l’État dans leur grand chantier mondial de la « Réforme ».

Ils en ont assez des syndicats qui étouffent dans l’oeuf tous les débuts de contestations et toutes les envies de changement.

Ils en ont assez justement de cette fameuse « Réforme », vaste fumisterie schizophrène qui prétend améliorer la condition humaine alors qu’en même temps au vu et au su de tous elle organise consciencieusement la misère dans le monde en redistribuant les richesses aux toujours plus riches…

Ils en ont assez que leur frères opprimés appelés « les sans papiers » servent continuellement de main d’œuvre corvéable à souhait pour des travaux dangereux et sous payés par des patrons, qui croient les tenir éternellement sous leur joug par la menace : « si tu n’acceptes pas et si tu fais pas ce que je te dis, tu t’expliqueras avec la police, et tu retourneras crever dans ton pays ». Ces pays qui par ailleurs sont pillés de fond en comble par les mêmes patrons, les mêmes charognards en cols blancs.

Enfin ils disent « stop ! » lorsque le pouvoir assassine leurs enfants comme ils ont assassiné Alexandros ce 6 décembre 2008 !

La misère est mondiale :

D’après les chiffres officiels (FAO) 16.500 enfants meurent de faim chaque jour ! Les spéculateurs financiers en recherche de marchés se sont rabattus massivement sur le bussiness alimentaire : ils stockent les denrées alimentaires, les prix montent et ils les revendent alors à des prix prohibitifs ! On crève de faim à cause de ces charognards qui dorment tranquillement sur leurs deux oreilles et veulent soit-disant « moraliser le Capitalisme »…
16.500 enfants qui crèvent chaque jour ! Alors qui c’est les terroristes ??

Le changement passe par la Révolution sociale mondiale !

En grèce les universités, des mairies sont occupés et transformées en salles de débats où toutes les personnes viennent librement s’exprimer et décider selon le principe de la démocratie directe, c’est-à-dire sans les syndicat et sans les partis.

Les locaux des télévisions ont été occupés, des radios également.

Les bourses du travail sont occupées, les syndicats et autres traîtres
bureaucrates en sont expulsés.

Les supermarchés sont attaqués et les denrées alimentaires redistribuées.

Parfois les banques sont attaquées, et l’argent… redistribué !

CONTRE LA GUERRE CIVILE MONDIALE : RÉVOLUTION SOCIALE DANS LE MONDE !

CNT-AIT de Montauban et sa région

samedi 10 janvier 2009 à Montauban

Rassemblement de solidarité pour la Révolte Populaire mondiale

à 14h devant la préfecture

15 01 2009
emeutes

Το FIGARO είναι μια εφημερίδα που πωλήθηκαν από τον πρώτο πωλητή των γαλλικών όπλων, Serge Dassault (http://www.dassault-aviation.com για να δείτε την καταστροφή στην περιοχή σας σύντομα …) και να διαβάσετε το πλείστον από zombies.

Η σύγχυση μιας νεαρής αστυνομικού στην Αθήνα – 22/12/2008
http://www.lefigaro.fr/international/2008/12/20/01003-20081220ARTFIG00648-le-desarroi-d-un-jeune-policier-d-athenes-.php

Κλυδώνισε από σχεδόν καθημερινά διαδηλώσεις και το θάνατο του Αλέξη, 15, ένας αστυνομικός σκοτώθηκε από τον Δεκέμβριο του 6, από ένα μέλος της ομάδας αντικατοπτρίζει την εξέγερση δυσφορία στο επάγγελμα.
Faidon είναι μια νέα ελληνική-25s. Όπως όλα εκείνα της γενιάς του, του αρέσει hip-hop και σερφάρετε για Facebook. Αλλά τώρα, είναι επίσης μέλος της ομάδας ταραχές στην Αθήνα, ο διάσημος ΜΑΤ. Σήμερα, νιώθει λίγο χάνονται. Ήταν επέστρεψε στις αστυνομικές δυνάμεις για να εξυπηρετήσει τη χώρα, καθώς επίσης και για τις δημόσιες υπηρεσίες με ένα σταθερό μισθό. Μια ευκαιρία σε σύγκριση με όλους τους συμμαθητές του που galèrent. Όμως, με όλα όσα έχει περάσει από τις τελευταίες ημέρες, που αναρωτήθηκε αν έκανε τη σωστή επιλογή.
Ο ενθουσιασμός για τη δουλειά του και τις πεποιθήσεις του ήταν ένα σοκ, όταν ο νεαρός Αλέξης σκοτώθηκε σε ένα αστυνομικό ενότητα. Μια τραγωδία που βύθισε τη χώρα, “που ανατίναξε τα κοινωνικά προβλήματα που συσσωρεύονται κατά τη διάρκεια των ετών.
Ποτέ δεν έχω δει τέτοια σύγχυση. Σήμερα, ο λαός είναι οργισμένος κατά τα πάντα, κατά το θάνατο του Αλέξη, κατά την αστυνομία, κατά της κυβέρνησης, κατά των μεταρρυθμίσεων … και είμαστε οι ασπίδες. “

Η αποστολή αυτή την ημέρα είναι να πούλμαν των δύο γεγονότων από το κέντρο της Αθήνας. Ο συνδυασμός πράσινου, το λευκό κράνος, μάσκα και ασπίδα εξακολουθεί να βάφονται με χρώματα ρίχνονται την προηγούμενη ημέρα από τους διαδηλωτές, που ανεβαίνει στο φορτηγό που θα αφήσει στο Πανεπιστήμιο Αθηνών. Ποτέ δεν πίστευα ότι όταν εκφορτώνεται το μικρό χωριό στην Πελοπόννησο, απολαμβάνοντας μαζικές προσλήψεις για την εξασφάλιση της ασφάλειας των Ολυμπιακών Αγώνων της Αθήνας το 2004.
“Όλα m’enviait η οικογένειά μου. Πληκτρολογήστε το ΜΑΤ, ήταν περισσότερο από ανδροπρεπής ανήκουν στον σωματοφύλακα του Προέδρου, που φοράει fustanelles (φούστες) και pompoms πόδια. “Αλλά αυτό το έτος, η ζωή του πήρε ένα διαφορετικό ρυθμό από ό, τι συνήθως διακοπές. Η καλή ημέρα, η αμυντική αντιπαράθεση με τους μαθητές, γυμνάσιο και το κολέγιο. Η κακή ημέρα, το βράδυ μάλλον, είναι η αντιπαράθεση με τις κουκούλες, οι “γνωστοί άγνωστοι” όπως ονομάζονται, καταστρέφοντας τα πάντα στο δρόμο τους.
Από την έναρξη των ταραχών στην πρωτεύουσα, εργάζεται 14 ώρες την ημέρα. Εκτός από την κόπωση, είναι δύσκολο να ακολουθήσουν τις εντολές των ανωτέρων του. “Οι ταραχές που λαμβάνουν χώρα σε μία μόνο περίμετρο γύρω από το Πανεπιστήμιο Αθηνών και το Πολυτεχνείο. Δεν γνωρίζουμε αν θα ρίξει δακρυγόνα, πότε και για ποιον. Μας ζήτησε να τρέχει να φοβίζει το να κάνουν τους μηχανορράφους φασαριών και, στη συνέχεια, εκτελείται για την προστασία μας. Έχουμε κοκτέιλ Μολότωφ, χρωμάτων, πέτρες, τα πορτοκάλια, το γιαούρτι. Το πιο δύσκολο πράγμα είναι ότι δεν μπορούμε να αναλάβει οποιαδήποτε πρωτοβουλία. Πρέπει να περιμένουμε τις παραγγελίες. Από την άλλη πλευρά, είναι φυσιολογικό, διότι το σφάλμα μπορεί να γίνει πλέον μια πυριτιδαποθήκη. “
“Αυτή η ντροπή gnawing σε μένα”
Η δυσαρέσκεια αυξάνεται διαρκώς μέσα επιβολής του νόμου. Η ένωση των αστυνομικών Ελλάδα κατήγγειλε την ολιγωρία του συστήματος. “Πάνω από το 70% των αστυνομικών δεν θα πρέπει να μεταφέρουν ακόμη και ένα όπλο, δήλωσε ένα μέλος της ένωσης. Τα περισσότερα από αυτά έχουν ψυχολογικά προβλήματα και υπάρχουν μόνο πέντε ψυχολόγους για 50 000 αστυνομικούς. Μερικά εξαρτώνται από τα video games και της αγάπης να πιέζει τη σκανδάλη. ” Για Faidon είναι πλήρη σύγχυση. “Ένα από τα μέρη επιθυμεί να προχωρήσει σε απεργία για να καταγγείλει το σύστημα και τις καταχρήσεις. Άλλοι ζητούν από εμάς να “σώσει” την κατάσταση. Στην πραγματικότητα, δεν γνωρίζουμε τι θα ακολουθήσει ότι δεν υπάρχει μεγαλύτερη εμπιστοσύνη στις ανωτέρους μας, ή ακόμη και τους συναδέλφους μας. Μερικές φορές, φοβάμαι το χειρότερο, «αυτός confides. Τα όνειρα των ηρώων που φέρουν.
“Αναρωτιέμαι αν δεν θα ήταν καλύτερα στο χωριό μου όπου θα μπορούσα να συνεχίσετε την αναπαραγωγή των προβάτων και ζουν μόνοι. Πάνω απ ‘όλα, θα αισθανθείτε την ντροπή gnawing σε μένα. “

15 01 2009
Fu-Manchu

Un texte de solidarité en quelque sorte.

Quelques réflexions sur le mouvement révolutionnaire grec.

« Si nous faisons éclater les vitrines des banques c’est parce que nous reconnaissons leur argent comme une cause majeure de notre tristesse, si nous brisons les vitres des magasins ce n’est pas uniquement parce que la vie est chère, mais parce que la Marchandise nous empêche de vivre, quel qu’en soit le coût. Si nous attaquons la police , ce n’est pas seulement pour venger nos camarades morts mais parce que, entre ce monde et celui que nous désirons, la police sera toujours un obstacle. » Message d’une insurgée grecque : « Pour une nouvelle internationale ».

1 Cela fait un peu plus d’un mois qu’en Grèce a surgi un mouvement dont la spontanéité et la radicalité ont déjà fait trembler les gouvernements d’Europe. Loin de s’en prendre à une réforme, à un gouvernement ou même à la répression policière en particulier, c’est bien l’ensemble du projet de vie que propose cette société qu’il condamne en actes et en écrits. La révolte après le meurtre d’un adolescent de 15 ans a réveillé le sentiment d’oppression contenu dans le cycle monotone de la vie aliénée. A la violence de cette oppression ressentie, et devenue invivable, a répondu la violence des émeutes où les formes matérielles de l’oppression les plus directement accessible sont attaqués (caméras de vidéo-surveillance, police et commissariats, commerces, banques, voitures).

2 « L’homme qui détruit les marchandises montre sa supériorité humaine sur les marchandises. Il ne restera pas prisonnier des formes arbitraires qu’a revêtues son besoin. » Si il y a plus de quarante ans ces propos passer pour fantaisistes, aujourd’hui ils deviennent une évidence pour ceux qui sont décidés à mettre à bas cette société et une vérité à cacher pour ceux qui y ont plus à perdre qu’à gagner. Les coups portés à des centaines de commerces brûlés ou pillés à travers toute la Grèce ne peuvent être compris que sous cet angle. Ces attaques de plus en plus fréquente à travers le monde témoignent d’une volonté de trouver prise sur ce qui nous échappe, de stopper la tentative de soumission intégrale aux intérêts du capital et pour cela brûler sa production, cette puissance étrangère qu’on nous demande partout d’adorer : la marchandise. C’est cet acte de sécession, nécessairement accompagner d’un affrontement avec les forces de police, contre un monde dont le principe d’unité se réalise dans la consommation passive du vécu qui permet de recréer des solidarités et des complicités authentiques. Le temps consommé, vécu illusoirement, qui se déroule autour de la répétition des mêmes activités où l’ennui et la lassitude trouvent toujours une place de choix, se dissipe pour laisser la place à un temps ressenti comme irréversible où tout peut se jouer et donc où toutes les règles respectés hier peuvent voler en éclat.

3 La plus grande qualité de ce mouvement est d’avoir su traduire en paroles ce que ces actes étaient en faits. Pour la première fois des émeutiers s’attaquant à des magasins et à des banques reconnaissent clairement dans leur geste ce qu’il est essentiellement : une révolte contre la soumission des êtres aux choses et contre l’équivalent général de ces choses, l’argent. A la radicalité de la pratique, se pose maintenant la radicalité de la théorie qui rend l’oppression réelle plus dure encore en y ajoutant la conscience de l’oppression. C’est cette conscience qui a soulevé un peu partout dans le monde d’autres émeutes s’attaquant aux mêmes cibles qu’en Grèce parce qu’elle a commencé à révéler l’explication, qui jusque là rester ignorée, d’une même situation reconnue comme inacceptable.

4 Le 17 décembre une cinquantaine de personnes occupent des locaux de la Confédération Générale des Travailleurs de Grèce (ou CGSEE), principal syndicat grec. Ils déclarent notamment : «  La Confédération générale des travailleurs de Grèce (GSEE), et toute l’intégralité de la machinerie syndicale qui le soutient depuis des dizaines et des dizaines d’années, sape les luttes, négocie notre force de travail contre des miettes, perpétue le système d’exploitation et d’esclavage salarié. » Cette rare lucidité sur le rôle des syndicats amène logiquement à un appel à l’auto-organisation des travailleurs sur la base de comités de luttes et de collectifs de base, réaffirmant ainsi que l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

5 Ce n’est pas la peur de ne pas trouver du travail et d’acquérir une situation convenable avec son lot de conforts rassurants qui ronge la jeunesse grecque. C’est bien plutôt la colère de voir sous leurs yeux vivre encore un monde dont ils n’ont plus rien à espérer. Le désastre écologique, la mise au pas de tous au rythme du travail et du flicage annonce une société de casernes qui risque bien, tôt ou tard, de rendre inhabitable pour l’être humain la planète sur laquelle nous vivons. Il n’y a pas de réforme possible, seulement un renversement totale de tout ce qui fonde ce vieux monde. C’est fort de cette constatation que des insurgés grecs sont parvenus près du parlement dans l’intention de le brûler. Par cette initiative et par l’occupation de nombreux bâtiments appartenant à l’Etat grec, ils ont donné une nouvelle force à l’appel anarchiste d’abattre l’Etat.

6 Le mouvement révolutionnaire grec marque un saut qualitatif important par sa critique de l’Etat, des syndicats, de la tyrannie de la marchandise et de l’argent et éclaire par la même occasion l’échec de toutes les luttes partielles passées et présentes. Devant l’irrationalité de plus en plus pesante d’un monde en décomposition ce mouvement apporte une critique qui a pu voir le jour un peu partout dans le monde, mais qui trouve ici une cohérence qui manquait ailleurs. Face à la falsification de l’idée de révolution servant le moindre changement dans la fabrication de marchandises ou les plus ineptes idéologies (le bolivarisme d’un Chavez par exemple), les insurgés grecs ont su redonner sens à ce projet d’abolition de toutes les classes.

7 Une solidarité effective ne peut tendre qu’à la formation d’un mouvement qui approfondisse ce qu’il y avait de plus radicale dans la pratique et la théorie du mouvement grec. Ce n’est que par cette recherche qu’en Grèce ce mouvement trouvera un second souffle qui permettra de balayer les conditions existantes. Les occupations de différentes propriétés de l’Etat ne sera qu’une impasse si elles ne sont pas accompagnées de perturbations importantes de la circulation des marchandises et d’une véritable auto-organisation des travailleurs sur leurs lieux de travail occupés. De même qu’une insurrection est condamnée à être défaite si elle ne sait pas dépasser les actions émeutières.

A BAS LA TYRANNIE DE LA MARCHANDISE !

A BAS LES SYNDICATS-BORDELS !

VIVENT LES INSURGES GRECS !

VIVENT L’AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS !

MORT AUX VACHES !

21 01 2009
la-grèce-des-cavernes

« Brûlé de plus de feux que je n’en allumai…. »

Jean Racine, Andromaque.

Ne rien avoir rapporté.

Sinon la joie.

Ne rien avoir emporté non plus, à l’heure de monter dans l’avion, lois d’exceptions permanentes, mesures anti-terroristes, quand un livre devient une pièce à charge et le numéro de téléphone d’un ami étranger la preuve d’un complot international.

Ne pas avoir pris de notes, pendant ces quatre jours, des fois que… Ne rien avoir rapporté, sinon ces souvenirs aussi brumeux que les lacrymos faisant pleurer Athènes.

Ces nuits où la Grèce n’aura jamais été aussi belle du deuil et de la rage, de la fureur et du mystère, du silence et des flammes.

Athènes dont le plus beau marbre est celui jeté à la gueule des porcs assassins d’un gamin de quinze ans, d’un avocat véreux, d’un Etat qui vacille. Athènes où les applaudissements éclatent en même temps que les vitrines. Athènes qui brûle pour Alexis et s’en fait une joie.

Les heures égrènent les vingt gosses de treize ans aux couleurs du PAO, de l’Olympiakos et de l’AEK attaquant ensemble une prison, la grève de l’Acropole, les bouteilles vides qui attendent, les camarades italiens devant Polytechnique, les trottoirs défoncés à coups de barre à mine, les carcasses des bagnoles cramées une troisième fois pour une énième barricade, les motos qui tournent sans fin pour chouffer les keufs, les hélicos qui tournent sans fin pour surveiller la ville, le rire des amis, l’odeur des lacrymos importés d’Israël, les discussions sans fin dans la douceur des orangers.

Et puis nos doutes, aussi, de pauvres petits français peu rompus à une telle guerre de rue. Blanqui a sans doute plus essaimé à Athènes qu’à Paris. Quoi que, par certaines nuits d’un novembre 2005…

Tends-moi ton Molotov, camarade, saurai-je m’en servir, ne tremblerai-je pas, et ces français que je ne connais pas qui sont à nos côtés, tends-moi ton bras et ta confiance, tends-moi ta force, je ne ferai rien ce soir, tends-moi ta joue que je m’excuse et je t’embrasse, camarade et ami.

La vie, la mort, tout ça, l’insupportable combien de gosses tués sous les balles d’un flic pour combien de flics tués. L’addition, s’il vous plaît.

La première manif, sac encore sur le dos, et des slogans comme un chœur de l’époque où ça inventait le théâtre et le monde. Ça monte des tripes, violent, décidé, le chœur chasse les quelques keufs qui osent se pointer sur le parcours. Les pierres volent déjà, la ville est à nous, nous sommes au monde, plus de théâtre.

Retrouver son chemin, lampadaires dépavés et trottoirs éteints, quelques verres de blanc pour la route, les poubelles crament aux carrefours, des cris au loin, les gaz, le feu. Ce vieux qui demande ce qu’on en pense en France ; à Paris… Lui, comme tout le monde il est d’accord pour que les banques soient attaquées, pillées. Rendues au néant.

Une fac occupée et retrouver les amis, comme une évidence. Etre là, simplement, parce qu’il le faut, parce qu’ils l’auraient fait dans l’autre sens, ou, à tout le moins, ils auraient brûlé un consulat si ça avait pété un peu chez nous. Pour la forme.

N’avoir rien à apporter, sinon notre joie d’être là, au milieu d’eux, au milieu de cet autre Alexis de quinze ans qui parle pour la millième fois de la mort de son pote, qui est devenu un symbole malgré lui, que tout ça dépasse bien au-delà des mots, il n’y a plus de mots d’ailleurs ; juste une ville qui vit d’embrassades, de retrouvailles et de banques qui flambent.

Une AG de 300 personnes où la parole circule, fluide et pure, où le langage signifie vraiment le monde et une forme de réel ; ça devait être comme ça, il y a plus de deux mille ans quand ils inventèrent le monde. Atavisme. Tradition. Ou héritage. Et quand bien même ils s’en défendent.

Le lendemain, manif à 13 heures. Les pierres pleuvent dès midi. Des gosses de treize ans chassent les keufs. L’impression de mourir et d’avoir à gerber ses poumons sous les lacrymos que l’Etat grec achète directement à l’armée israélienne. De l’incapacitant que les masques à gaz peinent à filtrer. Coude à coude. Bras à bras. Dans le rudoiement des gaz, les pierres redoublent.

J’apprends plus tard que la manif était soft, pas de cocktails de sortie car il fallait laisser aux étudiants le choix des armes. Ceux-ci avaient juste choisi les pierres, afin que tout le monde puisse participer, le plus naturellement du monde.

Passage par Polytechnique, rumeurs et fausses alertes. Les cagoulés chargés de Molotov veillent à la porte, la lune monte entre les colonnes grecques d’un bâtiment, un feu crépite. C’est la guerre, mondiale, civile et locale, la tension maintient en éveil. La guerre pour la seule cause qui vaille. C’est l’épreuve.

Nouvelle AG à la fac. Toujours autant de monde. Attaque-t-on ce soir ou demain. Ce sera demain. Dormir un peu, voir les amis. Parler. Refaire encore une fois ce monde que nous sommes en train de créer.

Le samedi, une semaine depuis qu’Alexis a été assassiné. Une AG où la parole se tend, les objectifs se précisent et les groupes se forment. Regards, coordination, l’organisation trouve ici son aboutissement. Un minimum de risques pour un maximum de dégâts. Les poings se serrent, tapent sur l’épaule.

Embrassades.

Capuches.

Cent cinquante à bouger, autant à protéger.

Cagoules, gants, écharpes, masses, pavés, cocktails.

Sous chaque masque noir, il y avait un sourire, dans chaque pierre lancée, de la joie, dans chaque corps révolté, il y avait du désir.

Tends-moi ton Molotov, camarade, ce soir je ne fais rien et je t’embrasse. Je suis auprès de toi.

Athènes brûle et s’en fait une joie.

Plus tard, dans Exarchia, la fumée sans qu’on sache s’il s’agit des lacrymos ou des banques qui crament. Encore une nuit. Encore des feux et des pierres, des matraquages et des gaz, une ville qui n’en finit pas de se rencontrer à chaque carrefour, de virer les journalistes, de se trouver dans ces gens qui parlent de l’innommable et de la joie. Les keufs morflent sévère.

C’est la guerre civile du monde qui nous attend.

C’est le dernier soir ; celui où l’on sait qu’on est déjà parti. La nuit de flammes et de fureur, les copains n’en finissent pas de charger, demain l’avion, le contrôle de police à la frontière, le dernier café sous les orangers, la dernière pierre lancée, les derniers doutes, cette ville où l’on laisse plus qu’une part de son âme, l’Acropole est toujours en grève, la ville brûle, Alexis est mort et les amis sont là.

Il est si juste que la ville qui a inventé la démocratie en soit aussi le tombeau.

Et puis ces derniers mots, écrits quelque part dans la nuit brûlante.

« Paris sous les bombes,
Athènes sous nos feux. »

à Cool, parti trois semaines trop tôt…

décembre 2008

19 02 2009
lalignerouge

J’ai bien aimé ton blog donc je te le dis !
bonne continuation !
http://lalignerouge.wordpress.com/

21 03 2009
Soutient

À Lille et environs, quelques « Soutient aux Émeutiers Grècs » se font discrets, mais se font. Nous ne vous oublions pas. Nous veillons cependant à ne pas nous oublier.

Vive la Révolution Sociale !

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